• Publication
08-09-2017

Parution des actes du 10e Séminaire FESET 2016

Publication d'un article de Valérie Wolff et  d’une de nos étudiantes: Leila Calais.

Lien pour l'article de Valérie Wolf  ( « Visibility and invisiblity of emergency in social policies et Visibiité et Invisibilité de l’urgence dans les politiques sociales ». Journal Européen d’Éducation Sociale, n°28/29, pp.10-30) et  de Leila Calais ( « Memoire Vive ». Journal Européen d’Éducation Sociale, n°28/29, pp.137-142).

Le 10e séminaire  FESET qui a eu lieu en avril  2016 à Strasbourg  à l'ESTES avait  pour thème central la question de l’invisibilité des personnes, des éducateurs sociaux et de l’éducation sociale.
Trois conférenciers principaux nous ont donné une perspective intéressante au sujet de la visibilité et de son corollaire, l’invisibilité.

Marcel Jaeger a souligné que nous avons un problème de visibilité, de lisibilité, de légitimité et a souligné un paradoxe: les éducateurs sociaux sont à la fois producteurs d’invisibilité  et dans la plainte par rapport à l’invisibilité. Il nous a donné 4 clés pour en sortir : (1) promotion des ressources de la personne; (2) meilleure prise en compte de la complexité de chaque personne; (3) de la «pédagogie du projet» à «la pédagogie de l’histoire de vie » et (4) le développement social durable, local et inclusif.

Jean-Pierre Tabin a abordé le non-recours à l’aide sociale qui concerne environ 50% des personnes dans le besoin. Ceci est énorme! Il nous a rappelé que «l’état social» est non seulement un instrument de justice sociale, il est aussi un état d’exclusion. Il semble que le rôle réel de l’état ne soit pas d’être un producteur de solidarité mais plutôt un régulateur de la société. Il nous a donné des exemples très concrets:

- les politiques de santé sont des mécanismes de consolidation des monopoles médicaux et pharmaceutiques ;                                               – les systèmes de protection et d’aide à la jeunesse soutiennent prioritairement  les politiques de placement ;                                                   – les éducateurs sociaux ont parfois une idée de ce qu’est une «bonne famille» qui ne permet pas de travailler avec ce que les familles sont vraiment.  Prenons donc sérieusement en considération ce que le non-recours exprime. Il est non seulement une expression de fragilité, il est  aussi un discours sur l’Etat, une forme de connaissance qui exprime un refus d’être considéré comme «un autre radicalement différent» ou une personne marginalisée.

Nous avons ensuite eu une discussion intéressante sur ce que sont ces gens, que font-ils et comment vivent-ils? Et comment pouvons-nous prendre en compte cette réalité souterraine d’une vie sociale invisible?

Valérie Wolff, en commençant son intervention par un regard historique sur  l’urgence dans le social  à partir des années 1950 jusqu’à aujourd’hui  nous  dit qu’actuellement  la situation d’urgence sociale généralisée  produit « trop » ou « trop peu » de visibilité. Cette évolution mène à une domination de l’esprit d’urgence où ces trois dimensions  -associations, pouvoirs politiques et media – sont dans la même logique productive correspondant à leurs intérêts. Cette logique de prédominance de l’urgence prétend respecter  quatre principes de base :  l’aide sociale  est immédiate, inconditionnelle, continue et avec « droit opposable ». En réalité, ces principes ne sont pas appliqués. Les éducateurs sociaux  et les autres travailleurs sociaux sont par contre présentés comme  héros du social et…comme pompiers de la vie sociale.

Comme exemple de porte de sortie de cette tyrannie de l’urgence, Valérie Wolff a présenté le mouvement «logement d’abord» qui rencontre un succès important dans  différents pays et conclut son intervention sous la forme d’un plaidoyer: « Refusons une généralisation de la  logique de l’urgence à court terme »