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08-09-2017

50 ans d’histoire du diplôme d’Etat d’éducateur spécialisé. Quelles perspectives d’avenir ?

Colloque national organisé par le CNAHES et l'ESTES,  le 9 novembre 2017  (date modifiée) au Conseil Régional Grand-Est à Strasbourg , 1 place Adrien-Zeller de 9h00 à 17h00.

Les inscriptions et le règlement sont à adresser au :
CNAHES – Journée d’étude
63 rue de Croulebarbe
 Paris 13

Le diplôme d'État d'éducateur spécialisé (DEES) qui a 50 ans le 22 février 2017, a fait suite aux accords de travail ARSEA-ANEJI du 16 mars 1958. Ces textes ont permis la qualification et la professionnalisation des éducateurs spécialisés ainsi que la reconnaissance de ce métier avec le développement des Ecoles  d’éducateurs spécialisés.

50 ans après, se posent des interrogations sur l'avenir des politiques de protection, de ses institutions et sur le devenir des métiers du social.

Il est important de revenir sur l'histoire de ce métier et surtout sur ce qui a fondé la détermination des acteurs qui ont porté ce diplôme d'État, malgré des vents opposés, contre certains de leurs collègues et certains ministères peu enclins à reconnaître la nécessité, l'utilité et la valeur d'un travail éducatif auprès des plus démunis. Grâce à leur pugnacité et à la force de leurs convictions, ils ont obtenu la reconnaissance par la puissance publique de cette profession comme métier à part entière supposant des principes, des orientations, une définition, une formation, un statut.

Pourquoi de grands acteurs de ces démarches, comme Marc Ehrhard, Etienne Jovignot, Pierre Alloing…. qui, praticiens d’abord des institutions d'éducation spécialisée, sont devenus directeurs d'écoles, ont-ils éprouvé la nécessité d’éveiller dans les années 60 du siècle dernier toutes les écoles d’éducateurs de France à une action commune en vue d’obtenir des pouvoirs publics un diplôme d’Etat assurant la reconnaissance de la profession, comme celui créé pour les assistantes sociales en 1932 ?
Pourquoi ont-ils estimé qu’il fallait faire reconnaître l'utilité sociale et la mission de service public des institutions spécialisées, des professionnels et des écoles ? Qu'est-ce qui les a inspirés dans la « fabrication » de cette mission, qu'est-ce qui les a rassemblés, quelles ont été leurs sources d'inspiration ?
Quel sens revêtent aujourd’hui les démarches, les combats, les controverses que ces acteurs ont menés pour arriver à la création d’un diplôme d’État ? Et aussi les représentations de « l'enfance inadaptée » qui ont prévalu socialement et politiquement. Que devient la notion de « droit à une éducation » mise en œuvre par des professionnels spécialement formés à cette fin : praticiens à la fois généralistes et spécialisés disposant d'une formation pratique et théorique poussée qui était la finalité de leur projet ? Quel style d’École ont-ils promu : formation d'adulte, alternance théorie/ pratique, importance des sciences humaines, rapport à la profession mais aussi à l'université... ?

Ce colloque veut permettre la mise en lumière de ce segment d'histoire par des historiens ayant travaillé sur les archives disponibles, afin de faire ressortir les éléments principaux de la fabrication d'un diplôme d'État et d'une profession reconnue après des années de bricolage.

Nous nous interrogerons sur ce qui dans cette histoire serait définitivement clos par ce qu'on appelle « le nouveau paradigme » de l'action publique et managériale qui conçoit une population à prendre en charge comme relevant de la gestion « des risques et des stocks », donc d’ « opérateurs » formés à la gestion, à la communication, à la coordination.
Une impasse pour ce qui faisait le cœur du métier : l'éducation ? Un projet éducatif émancipateur ?

Quelle formidable occasion de réfléchir ensemble sur cette question : en quoi le passé constitue un tremplin pour l’avenir ? Puisse ce colloque, donner aux jeunes la confiance et l’énergie pour continuer !